Suite à ce terrible constat précédemment expliqué, j’ai donc décidé qu’à mi-parcours, je voulais progresser plus vite, faire de l’intensif. Comme j’avais fait le tour de mes collocs, de mes collègues (même si je profite toujours de chacun d’entre eux), j’ai décidé d’élargir de manière radicale mon cercle de connaissances. J’ai donc opté pour les TANDEM. Le principe, c’est un échange franco-allemand, de préférence, et pour ma part, uniquement avec des mecs. Quoi ça vous étonne pas, c’est mûrement et simplement réfléchi : bah quoi, on peut pas être deux pipelettes ! ;-)
Voili voilou, je lance au hasard trois mails, je reçois trois adorables réponses, et me voici partie pour trois rendez-vous, lundi, mardi et mercredi ! Et après on s’étonne que je sois fatiguée !
Pour le premier, Erik, j’étais intriguée : comment ça marche, où va-t-on, que raconte-t-on ? Il parlait à peine français, tout s’est joué en allemand, mis à part quelques petites explications linguistiques très amusantes. On a bu un verre, traîné pour manger un truc, et on s’est séparés au bout de deux heures et demi, avec une pointe d’inquiétude de son côté parce que je rentrais en vélo, trop adorable.
Pour le second, Christian, j’étais impressionnée. Six ans de français mais une pause de 7 ans, et un langage quasi impeccable (trop la honte sur mon niveau!). Petite soirée oblige, j’ai dû écourter notre sympathique rencontre au bout d’un peu plus d’une heure et demi. Assez pour qu’il me laisse payer l’addition en concluant que c’était moi qui devais porter la culotte (même expression qu’en français avec pantalon au lieu de culotte !) ;-)
Pour le dernier, Martin, je devais être subjuguée, parce qu’on est restés à discuter pendant près de cinq heures ! Sur la même longueur d’onde, il avait ramené son vélo et on s’est promenés dans Berlin, tout en discutant (trop fort!) On a atterri sur une petite plage et admiré un coucher de soleil, enfin les couleurs d’un coucher de soleil, pieds nus dans le sable fin au bord de la Spree…. (repérages de coins romantiques en prévision de début juillet ... )
Bref, trois rendez-vous très sympas. En plus ils sont trop gentils, ils me disent que je parle super bien alors bon (ah les hommes, ils diraient n’importe quoi du moment que ça fait plaisir ;-) !) Bon, j’en ai déjà planté deux vendredi soir alors que je leur avais dit que je passerais sans doute vite fait à la soirée Erasmus (oups) mais je me rattraperai un autre jour et je compte bien les revoir pour poursuivre toute cette aventure !
LA révélation du siècle, enfin, de la semaine (dernière) pour moi !
Je trouve qu’être à Berlin, c’est déjà une bonne option pour progresser en Allemand, c’est toujours mieux que München (ah, les Bavarois) ou Paris !!! (parce que, bon, je ne veux pas critiquer le système linguistique français, mais si je sais relativement bien lire et écrire l’allemand, je suis une véritable calamité à l’oral et mes premières semaines me l’ont confirmé !)
En plus, une WG (Wohngemeinschaft ou collocation pour les incultes du germanisme), c’ets tout de même trois personnes qui parlent allemand, ça aide. Ce pendant, quand sur le lot, –je récapitule au bout de presque deux mois pour ceux qui n’auraient pas suivi- je me retrouve avec un Mexicain (qui «gère » l’allemand depuis quelques mois, avec un roulé de r phénoménal…), un Sud-Tirolien, adorable mais à l’accent inimitable et heureusement un vrai Allemand, mais qui malheureusement en fait, ne tient pas des longues conversations… je vous laisse imaginer le mélange !
Et puis, il est vrai que contrairement à beaucoup, j’ai des collègues, de très gentils collègues qui viennent me chercher tous les midis pour aller manger à la Mensa (le mess – le self – la cantine – etc). En plus, pour la plupart, ils font des efforts pour ne pas parler leur dialecte, mais du Hochdeutsch, afin d’une part de se comprendre entre eux (sonst, une mini tour de Babel en allemand…) et aussi que je les suive un peu. Seulement, mis à part cette heure voire ces deux heures (les chercheurs, quels fumistes) de pause, je reste devant mon PC et je lis de la doc… en anglais !
(LE DENOUEMENT) Quand même !
Parce que j’ai quand même passé un très très bon week-end, on a beaucoup papoté (mais ça ne regarde que nous…), bien marché aussi, Aix est un petit bijou à découvrir au fil des rues piétonnes, mangé des glaces (dans le meilleur glaciers de la ville selon la Oma qui était à notre table et essayait de déchiffrer les bêtises qu’on disait et s’amusait de me voir faire une simili traduction de ses bêtises à elle, pour Lise).
On a aussi trouvé un jeu amusant, la chasse aux chevaux de Aachen. Là-bas, ils ont l’air de vivre pour ça, parade, courses hippiques, et chevaux artistiques disséminés un peu partout dans la ville, et décorés selon le thème du magasin qu’ils représentent. Petites photos sans doute à suivre…
Et puis le reste s’est bien passé, trouver à manger, une ligne de bus, notre hôtel, etc… En résumé, un très très bon week-end, trop court certes ! J’ai regaléré un peu au retour, sur le sixième et dernier changement, parce qu’entre le 9 juin et le 9 juillet, ils changent les horaires rien que pour m’embêter… Donc une heure et demie d’attente, avec une cabine téléphonique qui ne veut ni manger mes pièces, ni ma carte… Ach… de mon temps… mais ça, c’est pas de la faute de la DB !

(FIN) (HAPPY END)
Sérieux, faut pas déconner, je crois plus au père Noël ;-) Pas d’autre solution, sinon je rentre chez moi et je mange mes billets, 60 euros le repas, faut déguster ! Je me tâte. Avec la marge, les horaires un peu spéciaux la nuit, etc, ça vaudrait peut-être le coup de rentrer dormir à la maison, deux heures maximum. Mais si je m’endors trop profondément ? Bref, finalement, je vais à Postdam, il est 2h du matin.
Il caille trop dehors, je monte dans la galerie commerçante et je me pose dans les fauteuils de massages (éteints, sinon, à 2 euros la minutes pour 3h1/2, le calcul est vite fait) et je pique un roupillon, à côté de ma nouvelle copine (qui m’a dit 3 mots) et qui a le même problème que moi. Vous imaginez la nuit… J’ai déjà du mal dans mon lit ! Mais c’est ça l’aventure !!!
Heureusement je me suis rattrapée dans le train, sinon j’aurais été trop une loque, le contrôleur (quatre fois contrôlée, le billet est amorti !) m’a même fait sursauter tellement je comatais dans mon siège (trop confortables d’ailleurs). Cinq changements pour ce voyage, maximum 40 minutes de pauses, ça va, petite visite de toutes les gares (pour le fun, je les ai toutes en photo!). Et je suis ENFIN arrivée…
(ELEMENT PERTURBATEUR) Et c’est là que les ennuis commencent…
Je poursuis donc. Vendredi soir je vais dormir un peu pour récupérer de la semaine et préparer le week-end. Je me lève, bien en forme évidemment, pour aller chercher mon train à la Zoo (trop cool, la gare de Berlin la plus près de chez moi). Je trouve facilement la voie, je commence à être habituée maintenant à repérer les voies et tout et tout et j’attends avec un bon bouquin (car évidemment depuis mon coup de stress à l’aéroport avant de décoller pour le Japon, maintenant je prends de la marge…)
Puis j’entends une Ansage (annonce) à laquelle je pige deux trois mots (aussi deutlich qu’en France), mais juste assez pour comprendre que mon train voie 4 direction Magdeburg ne circulera pas à 0h49.
Ach Scheisse ! Passez moi l’expression…
Déjà un peu énervée je vais voir le mec sur la voie qui me raconte que si je veux aller à Magdeburg … bah, il sait pas, amis Aachen, y a un train de nuit direct. Mais espèce de débile, je t’explique qu’avec le Schönes chose je peux pas ! Ah mais lui, il sait pas, il sait juste répéter, « Pour Aachen, y a le train de nuit… en plus il est direct madame ! »
Alors je descends voir une gentille madame, je lui explique mon problème et elle m’explique qu’à cause de l’orage (le premier en un mois et demi que je suis là !) il y a un problème sur la voie, que le train ne peut décidément pas circuler de Magdeburg à Zoo… Et je fais comment ? Alors elle m’imprime une fiche de voyage sur laquelle je découvre avec bonheur que mon train part de Postdam, à une grosse demi-heure et qu’il part surtout à 5h38.
Hum, hum… Et je fais quoi moi madame avec votre machin ? Vous avez pas une autre solution, rien plus tôt qui aille vers Magdeburg ? Ne ? … Et les billets ne sont bien sûr pas remboursables… Mais vous comprenez, c’est qu’on m’attend moi, à Aachen et à midi, pas à 3h !!! J’avoue, si j’avais été au début de mon séjour, mon discours n’aurait pas été si virulent (c’est ridicule de s’énerver en cherchant ses mots). Mais là, bah elle a eu droit à un joli « Das ist Scheisse » à la fin, la pauvre, c’était pas de sa faute, mais j’étais tellement en colère…